Ilford HP5+ et Delta 400 poussées dans le DD-X

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Ilford HP5+ et Delta 400 poussées dans le DD-X

En se créant des routines de développement, on a vite fait de s’enfermer dans un couple film/révélateur. Histoire d’amener un peu de fraîcheur dans ses photos, il ne faut pas hésiter à changer un peu de recette de cuisine. Du coup, j’ai décidé de troquer mon LC29 contre du DD-X le temps de quelques pellicules. Voici un petit retour d’expérience d’utilisation de ce révélateur.

 

Qu’est ce que le DD-X ?

Le nom complet de la tambouille est Ilfotec DD-X, il fait partie de la gamme des révélateurs Ilford (comme le LC29, l’Ilfosol 3 ou le HC-110). Contrairement au LC29 qui permet plusieurs dilutions suivant la sensibilité du film à développer, le DD-X se dilue en 1+4 uniquement (il existe une variante en 1+9 mais peu utilisée). Pour ceux qui ne sont pas vraiment fortiches en maths, cela veut dire que pour faire un 1 litre de solution, on mélange 200 ml de DD-X à 800 ml d’eau.

 

Le DD-X pour quels films ?

Avec ce révélateur, on va pouvoir développer, entre autres, de la Delta 100 (de 50 à 200 ISO), de la FP4+ (de 50 à 200 ISO) et, dans le cas qui nous intéresse, de la Delta 400 (de 200 à 3200 ISO) et de la HP5+ (de 400 à 3200 ISO).

Selon Ilford, le DD-X est particulièrement efficace avec les pellicules de la gamme Delta. Le fabricant recommande aussi ce révélateur pour la HP5+, surtout si on la pousse de quelques diaphs. Dans le cas présent, je vais développer des rouleaux de HP5+ (en 135) et de Delta 400 (en 135 et 120) poussés à 1600 ISO (donc +2 diaphs si vous suivez bien).

Petit détour pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de poussée d’une pellicule. Il s’agit tout simplement de sous-exposer le film à la prise de vue (d’un ou plusieurs diaphs suivant la quantité de lumière disponible). Cette sous-exposition sera ensuite compensée par un sur-développement (le film reste plus longtemps dans le révélateur).

 

Et donc ça se passe comment ?

A 20°C, il faut compter 13min30 pour développer de la Delta 400 poussée à 1600. Pour la HP5+, le temps de développement à 1600 ISO est de 13min. Le faible écart entre le deux peut permettre de mixer les deux types de films dans sa cuve sans que cela ne pose trop de problèmes.

Pour ces premiers tests, nous allons toutefois suivre le droit chemin et ne pas mélanger les films. A noter que, contrairement au LC29, la solution de DD-X ne se réutilise pas (Ilford prévient que la qualité d’image peut être dégradée en cas de réutilisation).

 

Tout est prêt, le chrono est calé, il n’y a plus qu’à développer, fixer et rincer.

Voilà, une goutte d’agent mouillant pour accélérer le séchage et hop, direction la salle de bain pour étendre les films. A vue d’oeil, on remarque déjà une bonne tenue du négatif malgré des conditions d’éclairage pas toujours faciles en concert.

Concrètement le DD-X donne quoi ?

Avec de la HP5+, le grain est effectivement plus fin qu’avec un développement au LC29. La différence majeure se situe au niveau des dégradés de gris, beaucoup plus fins et riches. D’ailleurs, les deux premiers films développés avec le DD-X affichent même des gris moyens un peu trop clairs à mon goût.

Pour les pellicules suivantes, j’ai été plus strict sur les temps (alors qu’avec le LC29 j’ai tendance à laisser « le pourcentage de temps en plus qui va bien » avec la fameuse méthode du doigt mouillé) et cela semble être mieux. Voici quelques négatifs de Delta 400 scannés (d’autres sont visibles ici) :

 

Les transitions semblent effectivement plus douces dans les gris qu’avec le LC29, tout en gardant un bon contraste. La prochaine étape sera de voir comment se comportent les négatifs sous l’agrandisseur mais ces premiers résultats semblent prometteurs.

 

Avantages et inconvénients du DD-X

Pour résumer, les avantages du DD-X sont :

  • Une seule dilution pour tout développer : plus simple qu’avec le LC29
  • Des nuances riches même dans des conditions de lumière difficiles
  • Cela donne des envies de pousser les films encore plus loin

Et les inconvénients sont :

  • Une seule dilution pour tout développer : moins souple qu’avec le LC29
  • Un développement plus onéreux
  • L’épuisement rapide du révélateur empêchant sa réutilisation (à tester tout de même)

 

Tout ceci n’a bien entendu pas valeur de test mais plutôt de partage d’expérience. Donc n’hésitez pas à partager conseils, mises en garde (notamment sur la réutilisation d’une solution diluée) pour améliorer le processus !

 

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