Cinestill 800T : premières impressions

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Cinestill 800T : premières impressions

Sur le papier, la Cinestill 800T offre un éventail d’utilisations assez étendu : on peut aller de 200 à 3200 ISO (sous réserve d’adapter le développement en conséquence). Son rendu est spécialement étudié pour la lumière tungstène (d’où le T dans le nom du film). Il s’agit du bon vieux filament qui orne les salles de concerts. Enfin, celles qui n’ont pas encore basculé vers les hideuses LED.

 

Les essais couleurs en concert

J’avais effectué quelques tentatives avec de la Kodak Portra 800. Avec des conditions de lumières adéquates, le résultat est très bon comme on peut le voir ci-dessous.

Toutefois, ce film est trop rigide pour être utilisé dans des petites salles.La moindre sous-exposition peut être fatale (elle supporte beaucoup mieux la surexposition). De plus, ce film n’est pas du tout à l’aise avec la poussée (sous-exposition de la prise de vue compensée par un sur-développement). La Cinestill pourrait justement combler ce manque en offrant une belle latitude d’exposition.

 

La Cinestill 800T  sur le terrain

J’ai testé deux rouleaux de la Cinestill 800T : une 120 shootée à 800 ISO et une 35 mm shootée à 3200 ISO. Les deux films ont été développées à la maison avec un kit C41 Tetenal (5’30 min à 38 degrés, agitation tranquille mais constante).

 

Concernant le film exposé à la sensibilité nominale, on se retrouve avec des photos aux couleurs harmonieuses même sur les vues légèrement sous-exposées. Il faut dire que les photos ont été prises dans de bonnes conditions : la salle est bien équipée au niveau des lumières et le lightshow de Future Islands se prête bien à la couleur.

 

Pour ce qui est du film poussé à 3200 (utilisé lors du NNY Fest), c’est joie et étonnement ! Le mix entre lumières tungstène et LED dans la salle où les photos ont été prises permet d’établir une règle infaillible : lorsque les filaments chauffent, les couleurs sont belles. Même lorsque la pellicule est poussée dans ses retranchements. Et cela confirme une autre règle : la LED est ce qu’on a inventé de pire pour produire de la lumière. La Cinestill s’en sort bien même si l’ampoule à diode enlaidit absolument tout ce qu’elle éclaire.

 

 

Morale de l’histoire

La possibilité de monter à 3200 ISO est un atout indéniable pour réaliser des prises de vue en luminosité assez faible. Il faut quand même faire attention au type de lumière utilisée. En effet, plus que la quantité, c’est la qualité de la lumière présente qui reste primordiale. Une lumière moche reste une lumière moche, même avec le meilleur film du monde.

 

Cinestill 800T : facile à shooter, difficile à acheter

Le point noir de la Cinestill 800T reste son prix. La 120 est affichée à près de 15 euros, la 35 mm est légèrement moins chère (12 euros en moyenne). Le tarif risque de limiter les expérimentations en tout genre. En outre, la jeune marque ne bénéfice pas encore d’un réseau de distribution aussi étendu que les Fuji et Kodak. Si vous habitez Lyon (ou ailleurs), vous pouvez vous en procurer aux Ateliers de Marinette.

Mais il y a un avantage à opter pour une petite marque : la facilité de communication. Les frères Wright, fondateurs de Cinestill, traînent souvent sur le groupe Facebook dédié aux films de la marque et sont généreux en conseils sur l’utilisation optimale de leurs pellicules. Ils m’ont d’ailleurs suggéré de surexposer d’un bon diaph quand j’ai affaire à des LED sur scène. Une piste à suivre pour le prochain test !

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